Ce sont les familles de travailleurs qui paient la note des magouilles politiques à Washington

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Une somme de 1,776 milliard de dollars issue d'un accord à l'amiable repose sur un compte fédéral sans registre public, sans règles de transparence et sans obligation de révéler les bénéficiaires. Ce fonds résulte d'un procès intenté par le président Trump contre l'IRS (l'administration fiscale américaine) à la suite de la divulgation de ses déclarations d'impôts. L'agence, qui rend compte à ses propres responsables politiques nommés par le président, a refusé de se défendre devant les tribunaux et a simplement accepté de verser la somme. Un juge fédéral de Virginie a temporairement suspendu les virements cette semaine, mais le projet de versement massif et non justifié reste d'actualité.

Les démocrates du Sénat se préparent déjà à livrer bataille à propos de cet accord. Le chef de la majorité, Chuck Schumer, a promis de bloquer ces fonds par le biais d’amendements, de votes en séance plénière ou de batailles budgétaires si les républicains tentent de faire passer cette mesure inaperçue. L’administration qualifie ce compte de « fonds anti-instrumentalisation » destiné à indemniser les citoyens pris pour cible par l’administration précédente. Les détracteurs voient les choses différemment. Les termes de l'accord permettent d'indemniser toute personne que la Maison Blanche estime lésée, sans aucune transparence. Il laisse même ouverte la possibilité que des individus condamnés pour leur participation à l'émeute du Capitole du 6 janvier puissent recevoir l'argent des contribuables pour leurs frais de justice.

Les familles de travailleurs ne peuvent pas se permettre de voir des milliards disparaître dans des comptes politiques opaques. Alors que les travailleurs syndiqués enchaînent les doubles gardes pour payer leur loyer et leurs courses, près de deux milliards de dollars sont détournés pour régler des différends politiques. Dans le même temps, le ministère de la Justice a discrètement démantelé sa propre section chargée de l'intégrité publique. Cette unité employait autrefois quarante procureurs chargés de traquer la corruption des fonctionnaires. Aujourd'hui, il n'en reste plus que deux. Le message est suffisamment clair pour quiconque gère un budget familial. Ceux qui enfreignent les règles sont récompensés, tandis que ceux qui les font respecter sont écartés.

La réalité économique ne fait qu’accentuer la frustration. Wall Street a récemment perdu près de neuf cents points en une seule séance, et les indices de volatilité ont atteint des niveaux jamais vus depuis octobre dernier. Les épargnants lambda voient leurs comptes de retraite fondre tandis que Washington injecte l’argent des contribuables dans un fonds d’indemnisation secret. Les démocrates parient déjà que la corruption sera le thème central des élections de mi-mandat de 2026. Ils n’ont pas tort. Les électeurs des circonscriptions indécises ont répété à maintes reprises aux sondeurs qu’ils avaient le sentiment que le système jouait contre eux, en particulier lorsque les représailles politiques priment sur la stabilité économique fondamentale.

Schumer et son groupe parlementaire ont l'intention de rendre public chaque vote, mais le théâtre législatif ne permet guère de remplir un garde-manger ni de faire baisser les taux hypothécaires. La vraie question est de savoir si les travailleurs américains accepteront un gouvernement qui traite les fonds publics comme un système de récompense pour les fidèles, ou s'ils exigeront la même responsabilité que celle qui leur est imposée chaque fois qu'ils remplissent une déclaration d'impôts. Si une caisse noire peut contourner l'IRS sans difficulté, qu'est-ce qui empêchera la prochaine administration de faire exactement la même chose ?.

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