Lorsque les tempêtes frappent, les familles qui travaillent perdent leur seule voie de rétablissement

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Soixante-dix pour cent des New-Yorkais qui prennent des médicaments pour leur rétablissement n'en ont pas eu assez après la tempête Sandy. Il ne s'agit pas d'une statistique. Il s'agit d'un voisin qui essaie de garder son poste dans un entrepôt, d'un parent qui se bat pour la garde de ses enfants, d'un ami qui tient sa promesse de rester abstinent. Lorsque l'onde de tempête a frappé, la chaîne d'approvisionnement en traitements vitaux a disparu du jour au lendemain.
Le changement climatique entraîne une augmentation des phénomènes météorologiques extrêmes dans nos arrière-cours, et chaque ouragan, feu de forêt ou inondation soudaine constitue désormais une urgence de santé publique. Les médecins avertissent que si les États et le gouvernement fédéral n'agissent pas immédiatement, ces catastrophes déclencheront une nouvelle vague de rechutes et de décès par overdose. La crise des opioïdes a déjà coûté la vie à plus de huit cent mille personnes depuis mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf. Des études montrent que les rapports d'overdose ont augmenté à Porto Rico pendant les deux années qui ont suivi l'ouragan Maria. Les incendies de Tubbs et de Camp en Californie ont rompu les lignes d'approvisionnement pour les patients qui dépendent de médicaments quotidiens pour survivre.
Pour les familles de travailleurs, il ne s'agit pas d'un débat politique abstrait. Il s'agit de garder un toit au-dessus de leur tête et de conserver leur emploi. Lorsqu'un comté est inondé, les cliniques ferment leurs portes. Les pharmacies n'ont plus d'électricité. Les routes sont emportées par les eaux. Il n'est pas possible de demander une ordonnance lorsque l'on est en train de hisser ses affaires sur le toit. Le système exige déjà des formalités administratives interminables, de longs trajets en voiture pour se rendre dans des cliniques certifiées et des délais de rendez-vous stricts. Comme l'a fait remarquer un chercheur, nous rendons l'accès au traitement brutalement difficile un mardi normal. Si l'on ajoute les déplacements et les contraintes économiques, les obstacles deviennent impossibles à franchir.
Les facteurs de stress liés à la santé mentale, les interruptions de traitement et la volatilité du marché des drogues de rue ne disparaissent pas lorsque l'eau se retire. Ils se multiplient. Un machiniste licencié ou une serveuse qui travaille deux fois par jour ne peuvent pas s'orienter dans un réseau de soins de santé défaillant tout en s'occupant des demandes d'indemnisation et de la paperasserie de la FEMA. Nous demandons aux gens de sortir de la dépendance alors que le sol sous leurs pieds continue de se fissurer.
Si nous traitons les cliniques de récupération comme des services de luxe plutôt que comme des infrastructures essentielles, la prochaine grosse tempête balayera tous les progrès que nous avons accomplis. Combien de travailleurs devront encore perdre pied avant que nous ne mettions en place un système qui tienne la route lorsque le ciel se déchire ?.

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