Trois mille agents fédéraux sont descendus à Minneapolis tandis qu'une seule balle mettait fin à la vie d'un manifestant. C'est le premier chapitre d'une campagne fédérale de répression qui s'étend des programmes de repas du Minnesota aux couloirs de Washington. Le directeur du FBI, Kash Patel, s'est récemment vanté d'avoir renforcé les moyens d'enquête dans l'État afin de démanteler des systèmes de fraude à grande échelle. Dans le même temps, des agents fédéraux ratissent les quartiers à la recherche d'immigrants sans papiers, et la rhétorique politique est devenue ouvertement hostile à l'égard des communautés somaliennes.
Les raids visent des programmes tels que Feeding Our Future, dont les dirigeants ont déjà été condamnés pour avoir prétendument exploité les fonds du filet de sécurité. Pourtant, la même administration qui déploie des milliers d'agents et de troupes de la Garde nationale dans les villes démocrates regarde tranquillement son propre ministre du travail démissionner pour cause de mauvaise conduite personnelle et de voyages secrets. Des milliardaires soutenant la cryptographie poursuivent l'entreprise familiale du président pour extorsion présumée, et la Securities and Exchange Commission négocie un accord discret avec Elon Musk. Les rouages de la justice se déplacent rapidement pour les opérations de rue, mais ils rampent lorsque les cibles portent des costumes coûteux.
Les familles de travailleurs qui regardent les informations du soir voient un schéma clair. Votre salaire ne s'étend pas plus loin lorsque les budgets fédéraux donnent la priorité à l'équipement tactique plutôt qu'à l'application des lois sur les salaires. Les parents qui préparent les repas scolaires savent faire la différence entre un entrepreneur frauduleux et un enseignant qui achète ses fournitures de sa poche. Lorsque Washington traite les programmes d'aide alimentaire comme des champs de bataille politiques, il ignore la véritable crise : les familles qui doivent choisir entre le fioul domestique et les produits alimentaires. Les bottes lourdes dans les rues du Minnesota ne font pas baisser les prix des produits alimentaires. Ils ne réparent pas les chaînes d'approvisionnement défaillantes et ne ramènent pas les emplois manufacturiers dans la ceinture de rouille.
On nous dit que la répression de la fraude protège les contribuables. Mais les contribuables savent déjà qui ponctionne leur argent. Il s'agit du défilé sans fin des sauvetages d'entreprises, des contrats sans appel d'offres et des tests de loyauté politique. Lorsque le ministre du travail se soustrait à une enquête éthique et que le Trésor débat des taux d'intérêt au lieu de la protection des travailleurs, ce sont les citoyens ordinaires qui paient l'addition. On ne peut pas se sortir d'une crise du coût de la vie en procédant à des arrestations. On ne peut pas militariser un quartier pour résoudre une pénurie de logements.
L'administration veut nous faire croire que les raids et les déploiements de troupes sont synonymes d'ordre. Mais la véritable sécurité commence lorsqu'un travailleur posté peut payer son loyer, lorsqu'un mécanicien est payé équitablement et lorsque la loi traite de la même manière un milliardaire et un chauffeur de bus. Allons-nous continuer à financer un État répressif qui cible les personnes vulnérables tandis que les puissants négocient des sorties discrètes derrière des portes closes ?.

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